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Document : ACHSYP 4010 2 - PIERRE BILLIARD TABLE - INTERVIEW

 
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Type SUJET
Collection Pathé Sygma (Sygma People)
Magazine
Duration 00:22:00
Col. sound Color  Sound
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Reference

ACHSYP 4010 2

Title

PIERRE BILLIARD TABLE - INTERVIEW

Dates

Shooting : 07/05/1983

Summary catalogue

Interview, trad. sim. en anglais, du journaliste Pierre Billard sur la terrasse du Grand Hôtel à Cannes. Il parle de son travail dans la commission de sélection des films pour le festival, des films sélectionnés, de ses goûts en matière de cinéma.

Descriptive summary

* 1ère cassette :

VG : Façade du Grand Hôtel.

DP : Pierre Billard avant l'interview.

PM/ GP : Pierre Billard (assis à une table), interview par Joan Dupont.

Spécialiste du cinéma français, rédacteur en chef du journal "Le point", membre de la commission qui sélectionne les films pour Cannes. Que pense-t-il de cette année ?
(Deux prises pour la question) Cette année, s'agissant de la sélection française qui était sa préoccupation jusqu'à aujourd'hui, cela sera une très bonne sélection. Surtout après quelques années et surtout l'an dernier où ce n'était pas le cas.

Que s'est-il passé l'an dernier ?
L'addition de deux phénomènes négatifs. C'était une mauvaise année pour le cinéma français en général et les conditions de travail de la commission ont accrues ce phénomène négatif. Cette année, il croit qu'ils sont exactement dans la situation inverse. Les conditions de travail ont changé et il croit que les films aussi ont changé et sont meilleurs.

Pourquoi pense-t-il qu'il y a une telle amélioration ?
C'est difficile à analyser. Ce qui est frappant, c'est que les films qu'ils ont sélectionnés et dans beaucoup d'autres films qu'ils ont vu, il y avait, beaucoup plus que les années précédentes, des histoires, des récits, des aventures, des personnages, des productions très élaborées. C'est une amélioration très nette sur les années précédentes où c'était l'esthétique qui était privilégiée au détriment des éléments naturels de récit et de personnage.

Souvent, on dit, à l'étranger, que les films français sont trop esthétiques. Qu'en pense-t-il ?
C'est aussi son sentiment. Mais, il a l'impression qu'on approche d'un nouvel équilibre, qui sera positif, entre la recherche ésthétique qui est importante et le retour des préoccupations publiques.

Peut-il parler des critères de la commission ?
Il ne peut pas parler des critères car ils ont refusé de définir des critères. Il croit que les critères étaient dans la façon de choisir les cinq personnes qui ont fait cette sélection et qui avaient des regards différents sur le cinéma. Il croit qu'en ayant additionné ces cinq personnes, ils avaient une vision globales. La nouveauté de cette année, c'est que les cinq pouvaient communiquer entre elles, se parler et essayer de se convaincre et il est donc ressorti une opinion commune. Il ne parle pas des critères appliqués aux films, mais au moment de décider, ils ont essayé de faire que les quatre films français représentent quatre attitudes devant le cinéma ou différentes générations. C'est pour ça qu'entre Robert Bresson (doyen du cinéma français) et Jean Jacques Beineix (deuxième film) et, entre le cinéma extrêmement de recherche personnelle de Patrice Chéreau et le cinéma de Jean Becker qui est franchement dirigé vers la séduction du public, ils ont eu l'impression de donner un échantillon des différentes tendances du cinéma français.

Que peut-on dire du cinéma français aujourd'hui ?
On peut dire qu'il est dans une bonne voie pour des raisons que l'on ne voit pas à Cannes comme l'augmentation de la fréquentation dans les salles, qui donnent les conditions économiques de bases, car s'il n'y avait pas ça, il serait inutile de parler du reste. Sur cette base économique est en train de se reconstruire un cinéma français plus uni dans ces différentes tendances alors qu'on a vécu une période de guerre civile entre les différents courants. Il croit que ce consensus aide le cinéma français à être plus fort et on verra dans différentes sections du festival des bons films français alors qu'il y a cinq ans, il y avait deux ou trois bons films mais rien derrière. C'est la nouveauté qui rend optimiste sur le cinéma français.

Donne-t-il un peu plus de place au cinéma dans son magazine ("Le point") ?
Oui, on donne de la place, de l'importance pour deux raisons étrangères l'un à l'autre. Une d'ordre technique : ils ont décidé de faire une partie du journal en couleurs donc les pages cinéma en bénéficient. L'autre raison, la place que prend le cinéma dans la vie des gens. Ils essaient de la suivre tout naturellement. La troisième raison, c'est sa passion pour le cinéma.

Les films qui sont couverts dans "Le point" sont les films qui intéressent le grand public ?
Il croit qu'ils parlent des films qui intéressent le public mais pas dans la proportion de leur interêt. Ils ont tendance (rôle naturel d'un journal comme "Le point") de développer un cinéma qui a des ambitions artistiques, culturel ou le cinéma qui apporte sur la vie du monde et de la société des informations.

Peut-être que ce n'est pas le même qui intéresse le grang public ?
Ils accordent moins d'importance au cinéma de divertissement pur et simple. Non pas parce qu'ils le méprisent mais parce qu'il y a moins à dire pour commenter, l'expliquer.

"Le point" s'est beaucoup intéressé à "L'homme de fer" ... ?
Bon exemple de la circonstance où le cinéma et la vie générale du monde se croisent et dans ce cas-là, ils ont le sentiment qu'il est plus important d'expliquer et de donner les informations. Si un journal comme "Le point" ou d'autres journaux doivent permettre aux lecteurs de mieux comprendre dans lequel ils vivent, il y a des films qui sont plus liés que d'autres à cette vie du monde, donc c'est sûr, ces films là qu'ils auront tendance à mettre l'accent.

Ses goûts personnels ?
On en a déjà parlé d'une certaine manière à travers ses différentes questions parce que l'attitude du "Point" par rapport au cinéma correspond aussi à la sienne. Il a une passion globale pour le cinéma mais il a un goût plus particulier pour les films qui réconcilient le public et les artistes. C'est d'ailleurs cette attitude qui le rend si optimiste sur le cinéma français car cette préoccupation de rapprocher ceux qui créent et ceux qui regardent se retrouvent dans les productions. Il s'intéresse beaucoup au sort du cinéma français, ce qui l'amène parfois à négliger "les nouveaux cinémas" de pays africains ... Il n'a pas de mépris pour ces aventures mais ne peut pas être compétent et encyclopédique sur tous les domaines, il privilégie les cinémas européens et américains.

Quel genre de film réaliserait-il ?
Il referait "Citizen Kane". C'est pour lui un espèce de chef d'oeuvre absolu. On lui a proposé à l'époque de faire un film mais il n'a jamais ressenti l'envie de le faire.
* 2ème cassette :

PM/ GP : Pierre Billard assis sur une chaise de la terrasse du Grand Hôtel.

GP : Il sourit, hoche la tête.

GP : Mains d'un homme croisées.

Pierre Billard écoute Joan Dupont parler sans lui répondre.

GP : Mains d'homme.

PM : Joan Dupont repose ses questions en français et en anglais (jardin en arrière plan).

Mots clés

Cannes; BILLARD PIERRE; CINEMA; Film festival; FESTIVAL; Cannes Film Festival; INTERVIEW; REPORTER