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Fiche Document : 6427GJ 00001 - IL Y A CINQUANTE ANS, LA FIN D'UN MONDE, PAR ANDRÉ CASTELOT

 
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Type SUJET
Collection Gaumont (Journal Gaumont)
Journal Actualité
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Référence

6427GJ 00001

Titres

Titre :  IL Y A CINQUANTE ANS, LA FIN D'UN MONDE, PAR ANDRÉ CASTELOT

Dates

1ère diffusion : 1964

Résumé descriptif

FRANCE. IL Y A CINQUANTE ANS, LA FIN D'UN MONDE, par André CASTELOT. BISMARCK avait dit un jour " La prochaine guerre sera déclenchée par " une sacrée chose idiote qui se produira dans les Balkans ". Pourquoi ai je éprouvé le besoin de vous dire cela ici, devant les tribunes de LONGCHAMP, dans ce cadre qui, depuis plusieurs générations, évoque la vie parisienne, la mode et incidemment les courses hippiques. Et bien pourquoi. Justement parce que c'est ici que " cette sacrée chose idiote " prédite par BISMARCK, a commencé à bouleverser le monde. Là même où je vous parle en ce moment, mais regardez plutôt. Oui voyez vous, c'est au même endroit. On regardait arriver les équipages, on regardait les femmes au corsages pigeonnants et fleuris. On regardait même les chevaux et l'on ne se rendait pas compte qu'à cet instant précis, dans la tribune officielle, un garde venait ici même de remettre au Président Raymond POINCARE, un télégramme, l'Archiduc Héritier d'AUTRICHE HONGRIE, François Ferdinand avait été abattu àonze heures du matin par plusieurs coups de révolver tirés dans les rues de SARAJEVO par Gavriello PRINZIP, un étudiant nationaliste serbe aussitôt arrêté par le service d'ordre. A l'annonce de ce meurtre POINCARE a pâli. C'est grave, François Ferdinand. Raymond POINCARE a vu aux Actualités, ce grand gaillard moustachu, petit neveu de l'Empereur François Joseph. C'est grave parce que le crime a été commis à SARAJEVO. Vous le voyez, on se croirait en TURQUIE, et non dans une province autrichienne. Ce peuple slave et musulman n'a qu'un désir chevillé au coeur, le rattachement de la SERBIE. C'est à KIEL où il assiste aux Régates que GUILLAUME II a appris la nouvelle de SARAJEVO. " Il faut balayer les Serbes ", s'est-il écrié, tandis que les dames de la Cour lui font la révérance. Le valeureux poltron, le mot est de son oncle le Roi d'ANGLETERRE fait savoir à l'AUTRICHE que si François Joseph veut punir les Serbes, et si la RUSSIE veut défendre ceux ci, VIENNE pouvait compter sur l'appui de BERLIN. Cependant, c'est doucement, tout doucement que le Monde va glisser vers la catastrophe. A PARIS, il fait chaud et on ne pense encore qu'à lutter contre la chaleur. La Bourse baisse, qu'importe, boire bien frais parait plus important. Le 14 JUILLET, l'on danse et l'on est d'autant plus tranquille que le surlendemain POINCARE partira pour la RUSSIE où il sera accueilli par le TSAR. Son but. S'assurer du bon fonctionnement de l'alliance alors que les antagonismes nationaux vont contribuer à déclencher le conflit. ( SYNCHRONE ). " Antagonisme franco-allemand, la FRANCE a été battue par l'ALLEMAGNE en 70 et ne peut évidemment oublier que l'ALSACE LORRAINE lui a été arrachée, antagonisme entre l'ALLEMAGNE et l'ANGLETERRE à propos évidemment de questions maritimes, antagonisme entre l'AUTRICHE HONGRIE et l'ITALIE à propos du SUD TYROLIEN, antagonisme, le plus grave peut être, entre l'AUTRICHE HONGRIE et la SERBIE. BELGRADE ne peut admettre que des Etats comme la BOSNIE, la SLOVAQUIE, et la CROATIE fassent partie du puzzle autrichien, antagonisme, enfin, entre la RUSSIE, l'AUTRICHE HONGRIE et la TURQUIE à propos de l'éternelle question des détroits. Enfin, tranchant le tout, il y ale terrible jeu des alliances, ce terrible jeu qui va entainer, les uns après les autres, les Etats dans la catastrophe ". En RUSSIE, POINCARE se tranquilise. Il est aveuglé par ce rouleau compresseur par ces six millions et demi d'hommes que, sur le papier, la RUSSIE pourrait aligner face aux Empires Centraux. Mais chaque soldat russe aura une moyenne de onze cents kilomètres à faire pour " voler aux frontières ". POINCARE est sur le chemin du retour lorsqu'il apprend que l'AUTRICHE a remis à la SERBIE son ultimatum. Celle ci repoussera assurément les exigences autrichiennes, mais à VIENNE, tout résonnant du martellement des bottes, c'est déjà la veillée d'armes. En arrivant à PARIS, POINCARE apprend que, contre toute attente, la SERBIE a adressé une réponse on ne peut plus mesurée à l'AUTRICHE. Maintenant dégrisé, GUILLAUME II se montre enchanté par l'attitude Serbe et espère voir s'arrêter la machine qu'il a aidé à lancer. Il voudrait borner ses goûts guerriers à changer d'uniforme, à se mettre en amiral pour assister, à l'OPERA, à la représentation du " Vaisseau FANTOME " de WAGNER,à monter à cheval en s'aidant d'un petit banc. Pensez qu'il avait même remplacé le fauteuil de son bureau par une selle avec étriers qu'ils enfourchait martialement pour recevoir ses visiteurs. Alors, pourquoi faire la guerre. Mais il y a le KRONPRINTZ, il y a l'Etat Major qui a minutieusement préparé l'attaque simultanée contre la RUSSIE et contre la FRANCE. Tout est prêt, et ce ne sera pas le KAISER, devenu subitement pacifiste, qui empêchera les choses de se dérouler comme prévu. Et pourtant on a vu le peuple allemand se livrer à des manifestations contre la guerre. Les Berlinois ont acclamé JAURES, le seul peut être, dans cette folie qui monte, à se rendre compte de ce que serait le conflit. " Quel massacre, quelles ruines, quelle barbarie " s'est il acclamé. Tandis que les revanchards qui multiplient les pélerinages à la Statue de STRASBOURG, Place de la CONCORDE, s'écrient avec Urbain GOHIER dans le journal " La SOCIALE ", " S'il y a un Chef de FRANCE, Monsieur JAURES sera collé au mur en même temps que les affiches de mobilisation ". La mobilisation. Elle approchait. 26 JUILLET.L'AUTRICHE envoie des troupes vers la frontière, après avoir rejeté l'humble réponse de BELGRADE. Et le 28. L'Empereur se fait acclamer après avoir annoncé la déclaration de guerrre de l'AUTRICHE à la SERBIE. 30 JUILLET. Le TSAR a proclamé la mobilisation générale. La RUSSIE décide de voler au secours de la SERBIE. 31 JUILLET. En ALLEMAGNE, proclamation de l'état de danger de guerre et ultimatum à la RUSSIE exigeant sa démobilisation. Mais JAURES espère encore " Toute chance d'arrangement pacifique n'a pas disparu ", écrit il. Mais ce même soir, ici, au café du Croissant, JAURES était assassiné. 1ER AOUT 1914, GUILLAUME déclare la guerre à la RUSSIE, 1ER AOUT 1914, il signe l'ordre de mobilisation. Voici à seize heures à PARIS, annonçant la mobilisation, l'affiche qui fit battre tant de coeurs et dont un exemplaire existe toujours, ignoré des passants, à l'angle de la Rue ROYALE. Mais pour éviter tout incident, le Gouvernement Français ordonne à l'Armée de se retirer à dix kilomètres de la frontière allemande. Et, acclamée, les troupes tournent le dos à l'ALLEMAGNE qui va en profiterpour violer le territoire français. ( SYNCHRONE ). " Nous nous trouvons actuellement dans le TERRITOIRE de BELFORT, à cinq cent mètres du petit village de JONCHEREY. Ici, le 2 AOUT 1924, se trouvait le premier poste français, à douze kilomètres de l'ancienne frontière allemande. Ce petit poste était composé de quatre hommes et d'un Caporal, le Caporal PEUGEOT et c'est à la mémoire de ce Caporal qu'a été élevé le monument qui se trouve derrière moi. Pourquoi un monument. Parce que s'est joué ici un drame, un drame pour lequel nous avons d'ailleurs un témoin, un témoin qui a assisté à ce drame. Madame NICOLET, vous étiez ici il y a cinquante ans, le 2 AOUT 1914, où étiez vous exactement ". " J'allais chercher de l'eau au puits, Monsieur. Et bien, voulez vous que nous allions jusqu'à ce puits. OUI, Monsieur. Je puisais de l'eau quand je me suis relevée, j'ai vu à travers les champs, de l'autre côté de la route, les Allemands, des casques à pointe, qui chevauchaient dedans les blés. Alors, j'ai crié " Voici les Prussiens qui arrivent ". Alors le Caporal PEUGEOT m'a demandé où, alors je luiai montré. A ce moment là, il a fait les sommations et le Lieutenant MEYER, le Lieutenant allemand, a répondu par des coups de feu qui ont blessé mortellement le Caporal PEUGEOT. Mais il a eu la force de tirer encore et le Lieutenant MEYER est tombé plus loin. Nous allons voir maintenant l'endroit où le Caporal PEUGEOT a eu la force de se trainer justement devant votre maison. C'est donc jusqu'ici, Madame, que le Caporal PEUGEOT s'est trainé. Oui, Monsieur, mon père est sorti de la maison pour lui porter secours, mais hélas, il est mort dans ses bras. Et c'est ainsi qu'est tombée la première victime du terrible conflit. Et celà se passait exactement trente heures avant la déclaration de guerre ". Ce même 2 AOUT, premier jour de la mobilisation. Lorsqu'on voit partir les premiers régiments, ici les zouaves qui traversent SAINT DENIS, la foule crie " Rapportez nous la moustache à GUILLAUME ". Pour beaucoup, c'est enfin la revanche. On va laver la honte de SEDAN. Qui peut imaginer les millions de morts. Combien de ces zouaves qui, ils le disent en riant, prennent le train de plaisir pourBERLIN. Combien de ceux qui passent ici, acclamés dans PARIS. Combien de ces conscrits, de ces mobilisés qui, musique en tête, à travers tant de petites villes françaises se dirigent vers leur caserne. Combien de ceux qui, à PARIS, s'embarquent à la GARE de l'EST. Oui, combien reviendront, dans quatre années et trois mois. Les dés sont jetés, la parole est désormais au canon, les Ambassadeurs sont au chômage et lorsque sera terminée la grande folie des hommes, lorsque tant de villes ne seront plus que pans de murs écroulés, le bilan tragique dénombrera plus de huit millions et demi de morts, huit millions et demi d'hommes tués, parce qu'il y a cinquante ans " une sacrée chose idiote " s'est déclenchée dans les BALKANS et est parvenue à mettre le Feu à l'EUROPE. Histoire. Kaiser Guillaume II. Empereur d'Allemagne.

Mots clés

Première guerre mondiale; Guerre 14; GUERRE 14 18; guerre de 14-18; premiere guerre 14-18; 1ère guerre mondiale; 1ère guerre; RETROSPECTIVE