| Type | SUJET |
| Collection | Gaumont (Journal Gaumont) Journal Actualité |
| Durée | 00:04:17 |
| Coul. son | NB Sonore |
6449GJ 00004
Titre : L'HOMME VOLANT. PARIS
1ère diffusion : 1964
L'homme volant. FRANCE. PARIS offre à plus d'un titre les paysages merveilleux qui incitent au romantisme. Ses monuments, ses jardins, son histoire. On se plait à dire "c'est PARIS". (Synchrone : le rôle de l'automobiliste est joué par Raymond DEVOS). "C'est beau PARIS mais çà devrait être interdit, qu'est-ce que tu veux. Il y a un quart d'heure que je suis là, tu te rends compte, quand je pense qu'on m'attend, c'est déplorable". Nos parents vivaient à l'heure du clocher ou de leur bracelet montre. Le Parisien 1964 vit à l'heure de son tableau de bord. C'est un être qui, à tout prix utilise sa voiture pour circuler, alors qu'on ne circule pas. Sa santé physique et morale est en cause. L'automobiliste devient souvent un homme grossier, agressif, méchant, qui a son vocabulaire bien particulier. (Synchrone). "Vous croisez quelqu'un dans la rue, vous lui demandez quelque chose, il vous renseigne. Dans la voiture, c'est des ennemis mortels". "Abruti, affreux. Comment c'est toi l'affreux, cache toi, eh pas beau. Dis donc 78, je vais te dire quelque chose, tu l'as passé sous LOUIS XIV ton permis de conduire et toi tu l'as eu avec une motte de beurre". L'accroissement du parc automobile des répercussions inattendues. Le visage de la ville change. Il n'y a plus de places publiques. NOTRE-DAME est encerclée, les trottoirs envahis. Il n'y a plus de quais, il y a des voitures. Au sein d'un embouteillage, le gaz de carbone respiré par les automobilistes provoque des fatigues excessives, des maux de tête. C'est vrai au point qu'un agent réglant la circulation ne doit pas rester plus de deux heures à son poste. Passé deux heures, on lui fournit un dérivatif qui n'est pas une solution pour pallier les inconvénients de la circulation. (Synchrone). "Tenez, là j'étais dans une petite rue étroite. Je devais stationner, je devais me ranger. Alors comme il n'y avait pas beaucoup de place, je suis monté sur le trottoir. Il y a un agent qui est arrivé". "Alors dites donc vous, lorsque vous avez passé votre permis de conduire, on vous a autorisé à monter sur le trottoir". "Je dis, écoutez non Monsieur l'agent. Comme je vois bien souvent des piétons traverser la rue, je me suis dit qu'exceptionnellement, une fois comme çà, je pourrais monter sur le trottoir". "Et vous avez eu une contravention ?". "Bien, c'est-à-dire quand il a vu mon nom sur mes papiers, il a dit "Vous avez une tête qui me revient". Et alors on est allé boire un pot dans un café qui était à côté et puis alors finalement c'est moi qui ai payé. A la réflexion, je me suis dit que j'aurais peut-être eu intérêt à payer ma contravention, çà me serait revenu à moins cher" Les autobus bleus mis en service pour permettre aux automobilistes de laisser leur voiture aux portes de PARIS sont un échec. Ils sont lents à cause des embouteillages et l'automobiliste ne veut pas se séparer de son véhicule. Les embouteillages coûtent à la Réseau Autonome des Transports Parisiens cinquante millions par an en heures supplémentaires, en carburant, en désaffection des usagers. Les rues de PARIS couvrent une surface de mille cent cinquante hectares et le parc automobile parisien couvre mille deux cent hectares. Les parkings coûtent souvent plus que l'équivalent d'une contravention et on évalue à mille le nombre constant des voitures qui ne peuvent pas stationner et sont condamnées à tourner en principe. La seule solution reste-t-elle d'aller vivre à la campagne. (Synchrone) "Oh, écouter, sincèrement, je ne le pense pas parce que sur le plan locomotion, un paysan n'est pas plus avantagé que nous. Au contraire, vous voyez parce que nous, au fond, on a de l'animation, on a toujours de petites choses, défense de stationner, un gars qui ne vas pas assez vite, on klaxonne, tout çà. Un agent qui vous rend la vie difficile, mais alors on est toujours un petit peu en colère alors il y a toujours quand même une petite colère qui s'exalte tout le temps. Tandis que le paysan, lui, dans son champ, sur son tracteur, il a rien, pas d'ennuis. Il va où il veut, pas d'interdiction. Il peut stationner, personne lui dit rien des heures entières. Alors qu'est-ce que fait le paysan, il va de long en large, il s'ennuie, alors il fait des sillons pour se distraire". Quoi qu'il en soit au musée de cire de l'an 2000 on pourra voir le portrait étrange de l'automobiliste 1964. Il tourne pour stationner. Il vient de payer son assurance, deux contraventions, son garage. Il est en retard. Chaque soir il rentre chez lui lorsque ses enfants sont couchés. Ils sont des centaines de milliers dans son cas. Circulation, transports, voitures, RATP, comique.
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